Par TATA Infos
La campagne de commercialisation de la noix de cajou pour l’année 2026 s’ouvre au Bénin dans un contexte marqué par une option stratégique majeure : l’absence de prix plancher fixé par l’État. Une décision qui suscite débats, interrogations et attentes parmi les producteurs, les acheteurs et les acteurs institutionnels de la filière.
Une option économique assumée
Contrairement à certaines campagnes antérieures, les autorités en charge de la régulation de la filière anacarde ont fait le choix, pour la campagne 2026, de ne pas fixer de prix plancher pour l’achat de la noix de cajou brute.
Cette orientation s’inscrit dans une logique de libéralisation encadrée du marché, visant à laisser jouer les mécanismes de l’offre et de la demande, tout en maintenant un cadre réglementaire de contrôle et de suivi.
Selon des sources proches du secteur, cette décision répond à la nécessité d’adapter la commercialisation du cajou aux réalités du marché international, fortement influencé par les fluctuations des cours mondiaux, les coûts logistiques et la demande des unités de transformation.
Un marché appelé à plus de réalisme
Pour les partisans de cette option, l’absence de prix plancher permettrait d’éviter les distorsions de marché observées par le passé, notamment :
- les difficultés d’écoulement de la production,
- la spéculation excessive,
- et les écarts entre prix officiel et prix réellement pratiqué sur le terrain.
Dans cette perspective, la campagne 2026 ambitionne de favoriser un marché plus réaliste, où les transactions reflètent davantage la valeur économique réelle de la noix de cajou, tant au niveau local qu’international.
Des inquiétudes chez les producteurs
Toutefois, cette décision ne fait pas l’unanimité. Dans plusieurs zones de production, des producteurs expriment leurs préoccupations, craignant une baisse excessive des prix à l’achat et une fragilisation de leurs revenus.
Pour ces acteurs, le prix plancher constituait un repère sécurisant, notamment pour les petits exploitants agricoles.
Les organisations paysannes appellent ainsi à un renforcement des mécanismes d’accompagnement, notamment :
- la diffusion régulière d’informations sur les prix du marché,
- la lutte contre les pratiques abusives,
- et l’encadrement des acheteurs agréés.
Le rôle clé de l’État et des structures de régulation
Face à ces enjeux, les autorités insistent sur le fait que l’absence de prix plancher ne signifie pas un désengagement de l’État. Les structures de régulation demeurent mobilisées pour :
- assurer la transparence des opérations de commercialisation,
- veiller au respect des normes en vigueur,
- et protéger les acteurs les plus vulnérables de la chaîne de valeur.
L’accent est également mis sur la promotion de la transformation locale, considérée comme un levier essentiel pour améliorer la valeur ajoutée du cajou béninois et réduire la dépendance aux exportations de produits bruts.
Une campagne sous haute observation
La campagne cajou 2026 s’annonce ainsi comme une phase test importante pour la filière anacarde au Bénin. Son succès dépendra largement de la capacité des acteurs à s’adapter à cette nouvelle configuration, mais aussi de l’efficacité des dispositifs de suivi et de régulation.
Entre opportunités de compétitivité et risques sociaux, le choix d’une campagne sans prix plancher ouvre un nouveau chapitre de la gouvernance économique de la filière cajou. Les prochains mois permettront d’en mesurer les impacts réels sur les producteurs, les acheteurs et l’économie nationale.
