Le Bénin est en campagne électorale pour la présidentielle 2026. Et les candidats en course ont dévoilé ce qu’il propose aux Béninois. Après le candidat de la mouvance Romuald Wadagni samedi 21 mars dernier, son challenger Paul Hounkpè à publié mardi 24 mars son projet de société. Présenté comme une réponse aux défis actuels du pays, le projet de société du candidat de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) se veut un instrument de transformation profonde, fondé sur une vision à long terme et une volonté affichée de rupture.
1. Une ambition : « rebâtir la fierté béninoise »
Le projet s’articule autour d’un mot d’ordre fort : « rebâtir ensemble la fierté béninoise ». Cette ambition traduit la volonté du parti de refonder les bases politiques, économiques et sociales du pays. Dans sa vision, le FCBE projette de faire du Bénin « un pays uni, de paix, démocratique et un État de droit, de justice sociale, bien gouverné ». Une orientation qui met l’accent sur la stabilité institutionnelle, la cohésion sociale et la prospérité partagée.
Le document insiste également sur la nécessité de replacer le citoyen au cœur de l’action publique. « Remettre l’être humain (…) au centre des intérêts du développement », indique le texte, en soulignant l’importance d’un développement centré sur le bien-être des populations. Cette vision se décline en objectifs concrets : amélioration de l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi et aux conditions de vie, dans une logique de développement humain durable.
2. Une critique assumée de la gouvernance actuelle
Le projet de société du FCBE s’ouvre sur une lecture critique de la gouvernance actuelle. Le parti évoque notamment « des violations permanentes des droits humains », « des expropriations abusives » et « des suppressions massives d’emplois ». Sur le plan politique, le document parle d’« une crise démocratique profonde », caractérisée par « des dérives autoritaires et un recul des libertés ».
Ce diagnostic s’étend à plusieurs secteurs : économie fragile, agriculture peu diversifiée, système éducatif en difficulté, ou encore accès limité aux soins de santé. À travers cette analyse, le FCBE pose les bases de son projet en se présentant comme une alternative aux politiques actuelles.
3. Une priorité sociale : éducation, santé et jeunesse
Les secteurs sociaux occupent une place centrale dans le projet. En matière d’éducation, le FCBE souligne « la faible adéquation entre l’éducation et la formation avec les besoins du marché de l’emploi » et propose des réformes pour améliorer la qualité de l’enseignement. Le parti ambitionne notamment de « garantir les chances d’accès à l’enseignement (…) à tous les enfants » et de renforcer la formation des enseignants.
Dans le domaine de la santé, le projet vise à « améliorer l’accessibilité des populations aux soins de qualité et à moindre coût ». Le texte met en avant la nécessité de réduire la mortalité maternelle et infantile et de renforcer les infrastructures sanitaires. La jeunesse constitue un axe majeur. La FCBE propose de « créer des conditions d’auto-emploi », de renforcer les formations en entrepreneuriat et de faciliter l’accès au financement.
4. Une relance économique axée sur la production et l’industrie
Sur le plan économique, le candidat FCBE met en avant une stratégie de transformation structurelle. Le projet déplore une économie caractérisée par « une industrie embryonnaire », une « dépendance énergétique » et une forte présence du secteur informel. Pour y remédier, le parti propose de « promouvoir l’industrie de transformation des matières premières » et de « dynamiser le secteur privé par l’amélioration du climat des affaires ».
L’agriculture, pilier de l’économie nationale, fait l’objet d’une attention particulière. Le document critique une orientation vers la monoculture et appelle à « développer les filières selon les potentialités agroécologiques ». Le projet vise également à réduire les importations et à renforcer la production locale. Il est ainsi question de « diversifier l’économie par la promotion de nouvelles filières porteuses ». L’objectif affiché est de créer de la richesse, de favoriser l’emploi et de renforcer la compétitivité du pays.
5. Une volonté de réformes politiques et institutionnelles
Le FCBE accorde une importance particulière aux réformes institutionnelles. Le parti propose la formation d’« un gouvernement d’union nationale » et la relance du dialogue politique. Parmi les mesures annoncées figurent la relecture du code électoral, la restauration de la séparation des pouvoirs et l’application du statut de l’opposition. Le projet prévoit également de « garantir à chaque béninois l’accès à une justice indépendante, équitable, efficace et transparente ».
Sur le plan administratif, le parti souhaite moderniser l’État et améliorer la qualité des services publics. L’ambition est de construire « un État stratège, qui sait où il va et comment mobiliser ses ressources ».
Porté par une vision de transformation globale et une série de réformes annoncées, le projet de société du duo candidat du parti de l’opposition FCBE s’inscrit dans le débat électoral comme une offre politique structurée, articulée autour de la promesse d’un « progrès démocratique, de justice sociale et de prospérité partagée ».
