Les dirigeants africains se sont réunis ce mercredi 22 juillet 2026 à Accra, à l’occasion du Sommet extraordinaire de l’Union africaine consacré au financement durable de la santé, à la production pharmaceutique locale et à la recherche. Cette rencontre de haut niveau marque une nouvelle étape dans la volonté du continent de renforcer son autonomie sanitaire face aux défis persistants d’accès aux médicaments, aux vaccins et aux outils de diagnostic.
Pays hôte du sommet, le Ghana a réaffirmé son ambition de faire de la souveraineté sanitaire un pilier de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a appelé les États membres à transformer les engagements politiques en actions concrètes, estimant que la Déclaration d’Accra doit constituer une feuille de route pour accélérer le développement de capacités africaines de production pharmaceutique et de recherche.
Le chef de l’État ghanéen a également mis en avant les investissements réalisés par son pays pour renforcer le système national de santé, améliorer l’accès aux soins de santé primaires et progresser vers la couverture sanitaire universelle. Il a, par ailleurs, salué le soutien de la Commission de l’Union africaine à l’initiative du Ghana sur la justice réparatrice portée devant l’Assemblée générale des Nations unies, une démarche largement soutenue par les États membres de l’ONU.
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a, de son côté, rendu hommage au leadership du Ghana dans l’organisation de ce sommet. Il a salué les avancées du pays en matière de production pharmaceutique locale, les présentant comme un exemple de la volonté africaine de bâtir des systèmes de santé plus résilients, capables de répondre aux besoins du continent.
Romuald Wadagni au cœur des travaux d’Accra
Le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, a pris part aux travaux de ce sommet extraordinaire, réaffirmant l’engagement du Bénin en faveur des initiatives continentales destinées à renforcer la souveraineté sanitaire africaine. Sa participation intervient dans un contexte où les questions de financement de la santé, d’industrialisation pharmaceutique et de coopération scientifique figurent parmi les priorités de l’agenda africain.
En marge des assises, le chef de l’État béninois doit effectuer une visite d’amitié et de travail auprès de son homologue ghanéen, John Dramani Mahama. Cette rencontre bilatérale devrait permettre aux deux dirigeants d’approfondir les relations de coopération entre le Bénin et le Ghana et d’échanger sur plusieurs dossiers d’intérêt commun, notamment dans les domaines de la santé, de l’intégration régionale et du développement économique.
Une attention particulière à la protection des migrants africains
Au-delà des enjeux sanitaires, les responsables africains ont également évoqué les récents incidents impliquant des migrants africains dans plusieurs régions du continent. Les échanges ont débouché sur un engagement renouvelé en faveur de la protection des droits, de la dignité et de la sécurité des citoyens africains, tout en appelant à privilégier le dialogue, la solidarité et le respect de l’État de droit afin de préserver les relations de fraternité entre les États membres.
Une ambition engagée depuis 2025
Le sommet d’Accra s’inscrit dans une dynamique amorcée par le Ghana depuis 2025. En août de cette année-là, le pays avait accueilli le premier Sommet africain sur la souveraineté sanitaire, en présence du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Quelques mois plus tard, en décembre 2025, Accra avait organisé une rencontre avec la République démocratique du Congo consacrée au financement durable des systèmes de santé, en marge de la Conférence internationale sur le sida. À travers ce nouveau rendez-vous continental, les dirigeants africains entendent accélérer la mise en œuvre de politiques communes capables de réduire la dépendance du continent aux importations de produits de santé et de faire de la souveraineté sanitaire un véritable levier de développement durable.
Rafiou LAWAL
