
Porto-Novo, capitale politique du Bénin, a vécu dimanche 8 février 2026, une journée charnière de son histoire institutionnelle. Dans l’enceinte solennelle du Palais des Gouverneurs, les 109 députés de la 10ᵉ législature ont été officiellement installés, ouvrant un nouveau cycle parlementaire inédit par sa durée, sa configuration politique et les attentes qu’il suscite. Lors de la cérémonie d’installation officielle des députés de la dixième législature de l’Assemblée nationale, tenue hier dimanche 8 février 2026 au Palais des Gouverneurs à Porto Novo, le doyen d’âge de l’héla législature Antoine N’dah N’dah, a prononcé un discours solennel appelant les nouveaux élus à la responsabilité et au respect des valeurs démocratiques. Fortuné AGUEH Présidant la séance inaugurale en vertu des usages parlementaires, Antoine N’dah N’dah, 79 ans, a d’abord procédé à la lecture de la décision de la Cour constitutionnelle proclamant les résultats définitifs des élections législatives du 11 janvier 2026 et à la publication officielle de la liste des 109 députés qui entament leur mandat de sept ans. Dans son allocution, le président d’âge a souligné l’importance de cette étape institutionnelle qui consacre l’entrée en fonction des nouveaux représentants du peuple. Il a rappelé aux députés la primauté du respect des institutions républicaines et la nécessité de travailler dans l’intérêt supérieur de la nation, conformément aux textes constitutionnels et au règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Antoine N’dah N’dah a encouragé les parlementaires à faire preuve d’un sens élevé de la responsabilité, à cultiver la tolérance et le dialogue, et à préserver l’unité nationale dans l’exercice de leurs fonctions. Il a indiqué que leur mission ne se limite pas à siéger dans l’hémicycle, mais implique aussi de répondre aux attentes des citoyens tout en veillant au bon fonctionnement des institutions démocratiques. Cette intervention a ouvert la séance inaugurale, qui s’est poursuivie avec l’élection de Joseph Fifamè Djogbénou à la présidence de l’Assemblée nationale, marquant ainsi le lancement officiel des travaux parlementaires de cette nouvelle mandature. Le bureau du parlement a été installé et le nouveau président a annoncé après sa première adresse à ses collègues députés que la session pour les mise en place des commissions permanentes se poursuivront bientôt. F.K Porto-Novo a été, hier dimanche, le théâtre d’un moment institutionnel majeur. Les 109 députés de la 10ᵉ législature ont officiellement pris fonction au Palais des Gouverneurs, ouvrant un nouveau chapitre de la vie parlementaire béninoise. Une installation solennelle, chargée de symboles, qui marque à la fois une continuité politique assumée et une reconfiguration profonde du jeu parlementaire. La cérémonie d’installation s’est déroulée sous la direction du bureau d’âge, conformément aux usages parlementaires. Le doyen des députés, Antoine N’dah N’dah, a présidé la séance inaugurale, assisté des deux plus jeunes élus, Youssouf Issa et Faridatou Zachari Traoré. Lecture de la décision de la Cour constitutionnelle, appel nominal des députés, proclamation officielle : l’Assemblée nationale a ainsi acté l’entrée en fonction de ses membres pour un mandat exceptionnel de sept ans, conséquence directe de la réforme constitutionnelle récente. Un paysage politique redessiné Cette installation consacre une réalité politique remarquable: l’absence de l’opposition parlementaire au sein de l’hémicycle. Les sièges sont occupés exclusivement par des députés issus des partis de la mouvance présidentielle, notamment l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR). Une configuration qui interroge autant qu’elle rassure, selon les sensibilités. Pour certains acteurs politiques, elle garantit une stabilité institutionnelle propice à l’action. Pour d’autres, elle pose le défi du pluralisme démocratique et du rôle critique du Parlement. Joseph Fifamin Djogbénou : une élection unanimement saluée Moment clé de la journée : l’élection de Joseph Fifamin Djogbénou à la présidence de l’Assemblée nationale avec 109 voix sur 109. Ancien garde des Sceaux, juriste émérite et figure centrale de la réforme du système partisan, Djogbénou accède au perchoir avec une légitimité politique forte et une expérience institutionnelle reconnue. L’arrivée de Joseph Djogbénou à la tête du Parlement n’est pas neutre. Elle annonce : une Assemblée fortement structurée, un travail législatif discipliné, une collaboration étroite avec l’Exécutif. Homme de droit, Djogbénou est attendu sur la qualité des lois, le respect scrupuleux des procédures et la capacité de l’Assemblée à éviter toute dérive de simple chambre d’enregistrement. Un défi démocratique majeur Sans opposition parlementaire, le défi principal de cette législature sera interne : les députés devront, eux-mêmes, cultiver le débat pluriel, la contradiction et l’exigence de contrôle. Les commissions parlementaires, les auditions, les questions orales et écrites seront scrutées par l’opinion publique, appelée à juger la capacité des élus à défendre l’intérêt général au-delà des appartenances partisanes. Pouvoir d’achat, emploi, sécurité, justice sociale, gouvernance locale : les Béninois attendent désormais des résultats concrets. Cette 10ᵉ législature, installée dans un contexte politique singulier, n’aura pas droit à l’erreur. Son bilan pèsera durablement sur la confiance entre les citoyens et leurs institutions.
