Porto-Novo – La députée Faridatou Zachari Traoré Yacoubou a marqué les débats parlementaires, mardi 14 juillet 2026, lors de la séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi portant Code des forêts en République du Bénin. Avant l’adoption à l’unanimité du texte par les députés présents et représentés, l’élue a prononcé une intervention remarquée, plaidant en faveur d’une réforme qu’elle estime déterminante pour assurer une gestion durable des ressources forestières et fauniques du pays.
Dans son allocution, la parlementaire a rappelé que le Bénin était régi depuis plus de trois décennies par la loi n°93-009 du 2 juillet 1993, un dispositif qu’elle juge désormais dépassé face aux nouveaux défis liés aux changements climatiques, à la pression démographique et à l’exploitation croissante des ressources naturelles. Pour elle, l’adoption d’un nouveau Code des forêts répond à une nécessité impérieuse de moderniser le cadre juridique afin de mieux protéger le patrimoine environnemental national.
S’appuyant sur les réalités observées sur le terrain, Faridatou Zachari Traoré Yacoubou a attiré l’attention de ses collègues sur la dégradation progressive du couvert forestier béninois. Elle a déploré la disparition de nombreuses espèces végétales et animales, tout en évoquant la conversion de certaines forêts classées en terres agricoles. À titre d’illustration, elle a cité la forêt classée de l’Ouémé supérieur-N’Dali, où des essences emblématiques telles que le karité et le néré sont aujourd’hui confrontées à de sérieuses menaces.
Pour la députée, le projet de loi constitue une réforme ambitieuse qui adopte une approche globale de la gestion des ressources naturelles. Elle a salué les innovations introduites par le texte, estimant qu’elles permettront de renforcer la protection des forêts, d’améliorer leur gestion durable et de mieux valoriser les ressources fauniques, tout en apportant des réponses concrètes aux insuffisances de l’ancien dispositif législatif.
Convaincue de l’importance stratégique de cette réforme, l’élue a lancé un appel à l’ensemble de la représentation nationale afin de soutenir le projet de loi. Selon elle, préserver les forêts béninoises revient à protéger un patrimoine commun indispensable au développement durable, à la résilience climatique et au bien-être des générations actuelles et futures.
À l’issue des échanges, les députés ont adopté à l’unanimité la loi n°2026-16 portant Code des forêts en République du Bénin. Ce nouveau texte, qui abroge la loi de 1993, comprend 318 articles répartis en huit titres et introduit plusieurs innovations majeures. Il prévoit notamment la création d’un Observatoire national de gestion et de suivi des forêts, le recours aux technologies innovantes, dont l’intelligence artificielle, pour lutter contre l’exploitation illégale des ressources forestières et fauniques, le renforcement de la politique nationale de reboisement, une coopération régionale accrue ainsi que des dispositions spécifiques réprimant l’utilisation des espaces forestiers à des fins terroristes.
Au cours des débats, les différentes préoccupations soulevées par les députés ont reçu des réponses du ministre de la Justice et de la Législation, Yvon Détchénou, et du ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alé. Les deux membres du Gouvernement ont apporté les éclaircissements nécessaires sur les innovations et les ambitions du nouveau Code.
Présidée par le président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, cette séance plénière a également marqué la clôture officielle de la première session ordinaire de l’institution au titre de l’année 2026, sur une note de consensus autour d’un texte considéré comme une avancée majeure pour la protection du patrimoine forestier et la promotion du développement durable au Bénin.
Rédaction – Tata Infos
